S'initier à Sésame
La procédure est simple. Alors pourquoi s’initier ?
Quelques secondes suffisent pour pratiquer Sésame.
Le plus difficile n’est généralement pas de savoir comment faire, mais de penser à le faire au moment où quelque chose nous gêne, même très légèrement, puis d’apprendre à évaluer précisément ses éventuels effets.
S’initier à Sésame, c’est donc surtout apprendre à repérer les occasions, pratiquer et évaluer.
Vous préférez essayer avant ?
Repérer les occasions
Nous avons tendance à remarquer les gros malaises : peur, colère, tristesse, douleur, panique…
Mais nos journées sont aussi traversées d’une multitude de petits moments où quelque chose grince : un agacement, une appréhension, un geste qu’on évite, une envie compulsive, une perte de moyens, une douleur connue, une gêne presque imperceptible…
Il n’est pas nécessaire de savoir ce qui ne va pas, encore moins pourquoi.
Il suffit de remarquer que quelque chose cloche, que ça va moins bien, que quelque chose ne tourne pas aussi bien que nous le voudrions ou qu’il y a une petite ombre devant notre soleil.
L’impression de l’ombre d’une aile de papillon suffit.
Le peigne à poux
Pour apprendre à remarquer ces moments, on peut reprendre mentalement une journée ordinaire, presque minute par minute, et repérer chaque fois où quelque chose a un peu grincé.
Au réveil. En se levant. En ouvrant les volets. En attendant que l’eau chauffe. En choisissant ses vêtements. Au moment de sortir…
Peu importe la cause et peu importe le nom de l’inconfort : on repère seulement les moments.
Petit à petit, on devient plus attentif à ces occasions lorsqu’elles se présentent réellement.



Penser à Sésame au bon moment
C’est souvent là que se trouve la difficulté.
Nous pouvons connaître parfaitement Sésame et ne pas y penser précisément au moment où nous pourrions l’utiliser.
Un mot sur le téléphone, une alarme, un objet déplacé, un signe sur la main, une personne qui nous le rappelle : peu importe le moyen.
Il ne s’agit pas de penser davantage à ce qui ne va pas.
Il s’agit simplement de parvenir à ce petit déclic :
Tiens. Sésame.
Et de pratiquer, là, dès que possible.
Choisir le bon moment
Une émotion a son propre mouvement : elle apparaît, monte, atteint parfois une intensité qui nous emporte, puis redescend.
Quand nous sommes complètement « hors de nos gonds », pétrifiés ou sidérés, nous ne pouvons plus penser — et donc pas penser à pratiquer Sésame.
Il s’agit donc d’apprendre à repérer le moment où l’émotion arrive ou celui où elle repart, quand nous pouvons penser à Sésame et décider de pratiquer.
Il n’est pas nécessaire d’attendre une émotion forte.
Au contraire : les petits inconforts ordinaires sont d’excellentes occasions de s’approprier Sésame.
Goûter plutôt que chercher
Pendant la procédure, il n’y a rien de particulier à obtenir.
Pas de bonne sensation à trouver, pas de vibration à provoquer, pas de mouvement à réussir.
Prenez le temps de goûter ce qui se présente, même presque rien.
Les mains se posent ici, puis là, puis ailleurs. On goûte ce qui se présente dans les mains, sous les mains, ailleurs.
Une sensation physique n’a pas besoin d’être spectaculaire ni même désagréable : picotement, pression, fraîcheur, chaleur, lourdeur, comme un bleu, comme une pince, quelque chose d’à peine perceptible…
Il ne s’agit ni de comprendre ni d’interpréter.
Sentir suffit.
Ne pas partir à la recherche du problème
Préciser, expliquer ou même nommer l’inconfort est inutile, voire contreproductif.
Quand quelque chose gêne, Sésame ne demande pas d’en retrouver l’origine ni de décider quelle émotion ou quel traumatisme se cacherait derrière.
On pratique sur ce qui est là maintenant.
Après Sésame : revenir au corps
Après la procédure :
Repensez à ce qui vous gênait.
Ça fait quoi maintenant ?
S’il reste une trace de malaise :
Reprenez au début, là, tout de suite.
Pas besoin d’analyser ce qui a changé ni de décider mentalement si « ça a marché ».
Quand il n’y a plus rien à signaler, il n’y a plus rien à chercher.
Évaluer pour ne pas se raconter d'histoires
Se sentir bien juste après Sésame ne suffit pas pour conclure.
L’évaluation se fera dans la vraie vie, lorsque la même situation ou une situation extrêmement comparable se présentera à nouveau.
C’est pourquoi, une fois que ça va, on note :
La situation précise
Quel jour précisément ? À quel moment précis ? À quel endroit précis ? Que se passait-il ? Avec qui ?
« Un matin chez moi » ne suffit pas si la situation était en réalité : lundi matin, en lançant le café, devant la fenêtre de la cuisine.
Au moins trois émotions présentes à ce moment précis, même floues ou bizarres.
Au moins trois sensations physiques présentes au même moment, même minimes ou pas gênantes.
Puis une date précise à laquelle, selon notre expérience, nous devrions avoir été à nouveau confrontés à ce type de situation, d’émotions et de sensations.
Mieux vaut noter « le 14 juillet » que « dans quinze jours » : au moment de vérifier, il faut pouvoir retrouver ce rendez-vous avec le réel.
Une alarme peut aider.
Et le jour venu ?
On reprend ce que l’on avait noté.
Si, dans une situation réellement comparable, les mêmes émotions et les mêmes sensations physiques sont là, Sésame n’a pas fonctionné sur cet inconfort.
Si les émotions ou les sensations sont différentes, moindres ou absentes — ou si une situation qui, selon notre expérience, aurait dû se reproduire ne s’est finalement pas produite — alors :
Quelle sera notre conclusion ?
Ce qui ne nous gêne plus a une particularité : cela cesse de se signaler à nous.
Le mental peut alors expliquer après coup que les circonstances étaient différentes, que nous avons changé d’humeur, que « cette fois ce n’était pas pareil »…
Nous pouvons même ne plus remarquer les moments où l’ancien inconfort aurait dû se manifester.
D’où l’intérêt d’avoir pris rendez-vous avant, précisément, avec une situation réelle.
Et parfois, Sésame nous dépasse
L’évaluation porte d’abord sur l’inconfort précis dans la situation précise où Sésame a été pratiqué.
Mais il arrive que d’autres choses semblent également changer, sans qu’elles aient été recherchées.
On peut simplement le remarquer.
À nous d’observer et de constater.
Pour pratiquer
